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ANW BE YONBOLO, "on est ensemble"

Eve RISSER – piano, piano préparé, composition et Naïny DIABATÉ – chant, composition

Les contrastes sont précieux. En musique, ils sont source d’inspiration. Eve Risser et Naïny Diabaté, compositrices et cheffes d’orchestre à l’origine de Kogoba Basigui, union du Red  Desert Orchestra et du Kaladjula Band, réduisent l’énergie de 16 musiciennes et musiciens à un duo et récital piano-voix. Cette musique mandingue en format libre, à la fois concentrée et explosive, aborde les thèmes du droit des femmes, la protection des enfants et leur dignité, l’importance de la coexistence. Car « Anw be yonbolo » veut dire « On est ensemble » en langue bambara. Et il est question d’une rencontre des générations autant que des cultures. Avec sororité, Risser au piano et Diabaté au chant portent leurs héritages (celui des compositeurs européens et américains, celui des griots et de générations de musiciens du Mali) vers de nouveaux continents. Imaginaires et bien réels. Méditatifs et dansants.

C’est une rencontre des générations autant que des cultures. Naïny Diabaté, chanteuse de Bamako et pionnière, a fondé le premier orchestre uniquement féminin dans son pays et est célèbre dans tout le Mali depuis le début des années 1980. Au même moment la pianiste et flûtiste française est née en Alsace. Elle est depuis devenue une voix majeure des musiques improvisées. Une bienveillance mutuelle en résulte et cette sororité se ressent immédiatement dans leur musique.

Pianiste et directrice artistique, jazz women et meneuse d’orchestres, Eve Risser fait de la symbiose des genres et d’une gourmandise « punk » à bousculer les codes, le fil coloré de sa vie artistique. Naïny Diabaté est née griotte. Garant de la tranquillité au sein des familles, le griot a le rôle de pacificateur et de médiateur de la vie sociale au Mali. Il est essentiel. Il y a moins de femmes, pourtant elles sont là, bien présentes, car ce rôle ne s’attribue pas au hasard. Il se transmet. La chanteuse porte aussi le flambeau des musiques traditionnelles mandingues qui n’ont de cesse de s’enrichir d’influences actuelles. Le piano, mini orchestre à lui seul, porte aussi les héritages des compositeurs européens et américains. La française les a étudiés et traversés. Elle les tord parfois, inspirée par les sonorités du balafon. Risser joue avec un engagement physique qui annonce ses intentions : la musique, essentielle, doit être accessible pour toutes et tous. Le piano préparé le martèle, la tension dramatique de la voix le propage, tous deux imprègnent les corps et les esprits d’une énergie palpable pour ne pas oublier qu’ « On est ensemble ».

Samedi 21 février

@La Meson
52 rue Consolat, 13001 Marseille
Ouvertures des portes – 19h
& restauration surplace
Tarifs : 15 euros + 3 euros (adhésion Meson)